hommage à simone veil

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Vendredi 30 juin, avant d’ouvrir sa séance, le Conseil municipal, à la demande de Pierre Mingaud, a observé une minute de silence à la mémoire de Madame Simone Veil, décédée ce même jour.
Il a auparavant lu une déclaration, consultable dans son intégralité ci-dessous :

« Mes chers collègues,
Ce matin, Madame Simone Veil est décédée à l’âge de 89 ans.
Déportée à 16 ans dans le camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, elle participe à la tragique marche de la mort jusqu’au camp de Bergen-Belsen, jusqu’à sa libération par les troupes britanniques. Son père, sa mère et son frère ne reviendront jamais des camps.

Après une carrière dans la magistrature, elle est nommée ministre de la Santé sous la mandature de Valéry Giscard d’Estaing. Elle est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse, dépénalisant l’avortement.
Le 26 novembre 1974, elle monte à la tribune de l’Assemblée pour défendre cette loi historique. S’ensuivent 25 heures de débats au cours desquels les mots manquent, pour décrire la sauvagerie, la bestialité des propos tenus à l’encontre de la ministre, par une large partie de sa famille politique. Le député gaulliste Hector Rolland ira jusqu’à reprocher à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, “le choix d’un génocide”, Jean-Marie Daillet, lui, d’évoquer des embryons “jetés au four crématoire”.
Le texte de loi, rejeté par les deux tiers des parlementaires de droite, sera adopté le 29 novembre, grâce aux voix des députés de gauche et du centre.

En France, près de quarante ans après la promulgation de la loi Veil autorisant l’IVG, des femmes de plus en plus nombreuses subissent des pressions, sociales, culturelles, comme émanant d’une partie du corps médical, rendant les conditions d’un avortement de plus en plus difficiles, de plus en plus infamantes. Cette situation préoccupante provient en grande partie de la tiédeur de la majorité de nos dirigeants politiques, de leur réticence à agir afin qu’un jour, tombe la suprématie patriarcale dans notre pays.
Car la condition de la femme est un sujet hautement politique.

Je milite pour ma part, au sein d’un mouvement qui, lors des dernières élections présidentielles, entendait graver le droit à l’avortement dans le marbre de notre Constitution.
Pourtant, par un proche passé, des ténors du Front National, n’ont pas hésité à imaginer des dispositions législatives proprement indignes. On se souvient des propos de la candidate, Marine Le Pen, sur sa proposition de dérembourser l’interruption volontaire de grossesse, visant des femmes qui, selon elle, se serviraient de l’IVG comme “moyen de contraception”.

Plus de quarante ans après le vote de la loi Veil, l’obscénité de la pensée traverse toujours, malheureusement, les couloirs de l’Assemblée Nationale, comme les rangs de la Manif pour tous.

Je vous propose, mes chers collègues, de vous lever afin d’observer une minute de silence, en mémoire de Madame Simone Veil ».