Samedi 3 Février, le Conseil Municipal a élu Madame Christine Capdeville, maire de La Penne sur Huveaune.
A l’issue de ce Conseil, elle a prononcé un discours que vous pouvez retrouver, dans son intégralité, ci-dessous.

 

Mes chers amis,
Mon cher Pierre,
Tu t’en doutes, c’est avec une grande émotion que je m’adresse à toi, aux membres du conseil municipal, et à vous, mesdames et messieurs, qui avez répondu à notre invitation. Cette même émotion qui t’a envahi il y a quatorze ans, quand tu as été, pour la première fois, élu Maire de notre commune. Cette même émotion qui ne s’est pas émoussée en 2008, pas plus qu’en 2014, lorsque l’écharpe de Maire est venue à nouveau, ceindre ton épaule”.
A ce moment particulier de ma vie, je te remercie du fond du cœur pour la confiance que tu m’as accordée en me confiant cette responsabilité, ainsi que mes amis de la majorité municipale ”.
Mes pensées vont en premier lieu vers Geneviève Donadini, qui m’a fait l’honneur, en 2001, de me proposer de devenir conseillère municipale. Durant trois ans, j’ai eu la joie de participer à une majorité municipale attachée, derrière notre Maire, à développer nos services publics, affirmant leur indispensable primauté. Puis, en 2004, j’ai accédé à la fonction de première adjointe, lorsque Pierre Mingaud a succédé à Geneviève.
Ce furent quatorze années de collaboration, aussi étroites que fructueuses. J’ai pu dès le début, apprécier chez Pierre les qualités d’écoute, le sens du dialogue, qui accompagnaient à chaque instant, son amour pour cette ville qui l’a adopté, comme elle l’a fait pour moi.
Ce furent quatorze ans ponctués par le développement de nos services, de nos équipements publics.
Quatorze années au cours desquelles, nous avons fait la rencontre de centaines de personnes, des couples qui venaient s’installer sur la commune, nouveaux Pennois qui nous faisaient part de leur plaisir de vivre désormais ici, du cadre de vie qui leur était offert, de la qualité de nos services.
Pierre Mingaud ne l’a jamais caché, il n’est plus grande fierté pour un Maire, de recevoir ces mots de la part de ses concitoyens. C’est le bonheur d’avoir rempli sa mission, d’avoir travaillé au service de l’intérêt général. Pour un Maire, pour un élu local, s’il est une satisfaction personnelle à retirer, elle prend toujours sa source, parmi chaque membre de notre communauté.
Et Pierre a été un élu passionné : bien avant d’être Maire, il a été, aux côtés d’Elie Uras, comme de Geneviève Donadini, de tous les projets, de toutes les créations, de tous les développements, dont La Penne, bénéficie encore aujourd’hui.
Il a été un élu, puis un Maire, de tous les combats : la liste serait trop longue à énumérer, mais de la défense de l’hôpital public à la création de l’Agglo, du maintien de notre gare ferroviaire à la troisième voie, il a sacrifié week end et soirées en famille, pour être à la pointe de ces luttes légitimes.
Lorsque les salariés de Nestlé, de Fralib, se sont retrouvés sur le carreau, parce qu’une bande d’actionnaires voyous, avaient décidé que le taux de rentabilité était insuffisant pour leur voracité morbide, Pierre était là, dès le début, pour les soutenir. Angel Llovera, l’ancien directeur de l’usine de Gémenos, doit encore avoir, en travers de la gorge, ce courrier cinglant que notre maire lui adressa, un beau matin de mars 2012. Il signifia sèchement à ce joli monsieur, mandaté par Unilever pour fermer la boîte, qu’il le trouverait toujours sur son chemin, pour barrer la route au projet criminel de la Multinationale.
Car pour notre Maire et sa majorité, lorsque l’injustice frappe nos amis, nos voisins, comme de parfaits inconnus, il n’est pas de place, pour la politesse et le protocole : il n’est de place que pour la lutte. Car pour notre Maire et sa majorité, le problème n’a jamais été le coût d’un ouvrier : le problème, a toujours été le coût, de ceux qui se gavent sur leur compte !
Voilà qui est Pierre Mingaud, mes chers amis.
Un homme empreint de justice, de fraternité, de combat. A l’image de sa ville et de ses habitants.
Voilà l’héritage qu’il nous laisse.
Voilà, tout l’honneur qui m’est fait, de prolonger cet héritage.
Travaillant aux côtés de Pierre depuis de nombreuses années, j’ai toujours partagé sa vision du rôle d’élu : concevoir la politique dans son expression première, une mission gratifiante car dirigée vers le bien de la collectivité. Assumer entièrement ses choix, prendre l’exacte mesure de chaque décision, sans jamais perdre de vue le sens du dialogue, la prépondérance de la concertation avec chaque concitoyen.
Aujourd’hui, c’est pleinement consciente des responsabilités qui incombent à cette charge, que j’accepte de les assumer avec fidélité et dévouement.
Mais, je ne vous mentirai pas sur les craintes qui sont les nôtres, quant au nouveau contexte métropolitain, cette gigantesque entité administrative qui nous a été imposée depuis deux ans. Pour nous, clairement, il s’agit d’une lutte à mener dès à présent : pour notre autonomie décisionnelle, pour notre capacité budgétaire à porter les projets qui ont recueilli votre confiance dans les urnes. Et je sais, pouvoir compter sur le plein soutien de la majorité, et sur le vôtre, pour mener de front cette bataille.
Car une commune se définit d’abord, par son aptitude à répondre aux attentes légitimes de sa population ; quitte à parfois, bousculer l’ordre établi, un ordre qu’on veut nous imposer, en ignorant ces attentes, en niant la plus élémentaire des démocraties.
Ici, à La Penne, nous avons toujours placé cet impératif, au centre de chacun de nos domaines d’action.
Et nous continuerons.
Pierre Mingaud a insisté sur ce point lors de sa prise de parole à l’occasion de nos Vœux, de très nombreux programmes de logements ont été créés depuis cinq décennies, dont certains sont en cours aujourd’hui. Avec, à chaque étude, chaque bouclage financier, chaque première pierre posée, le souci, constant, de garantir l’inscription de logements sociaux. Car le logement social, a toujours, depuis cinquante ans, constitué une priorité absolue pour les municipalités qui se sont succédé. D’abord, afin de permettre à nos enfants de rester à La Penne, de s’y installer après avoir quitté le foyer familial, ou d’y revenir. Mais aussi, afin de maintenir l’indispensable mixité sociale, qui depuis toujours, ici, est un ferment, imputrescible, de notre cohésion : c’est notre conviction.
En clair, pas de ghettos, pour les plus favorisés, comme pour les plus vulnérables : car c’est le terreau fertile, pour la germination des thèses nourries par la haine, l’intolérance, la xénophobie.
Eh oui, mes chers amis, cette idéologie ne fleurit pas seulement au milieu des quartiers honteusement désertés par les pouvoirs publics, par la République, dans les barres décrépies de notre voisine phocéenne, comme de la grande Couronne parisienne. Elle se répand également, dans ces jolis villages à colombages des campagnes d’Alsace, ou du haut des hôtels particuliers de Neuilly.
Je pense fermement, qu’un service public de qualité, qui dispose des moyens humains et financiers suffisants, pour assurer ses missions auprès de la population, constitue un rempart, aussi efficace que durable, à ces théories nauséabondes.
Je serai, n’en doutez pas, un Maire attaché, indéfectiblement, à la défense du service public, à la défense des femmes et des hommes, qui l’animent au quotidien.
J’évoquais il y a un instant, la question du logement ; mais nous avons également le devoir de continuer à promouvoir une école publique, afin de garantir l’égalité des chances à nos enfants.
Proposer une offre culturelle, aussi riche qu’accessible.
Soutenir notre jeunesse, et permettre à nos jeunes d’être acteurs, à part entière, de notre destin commun ; que leurs aspirations, soient susceptibles, d’orienter les choix municipaux. C’est le souci d’aider chaque jeune, à intégrer pleinement le cercle de la citoyenneté dans le cadre communal.
Nous le réaffirmons avec force, la solidarité est le socle de l’action municipale. Dans une société marquée par des formes accrues de précarité, où les vulnérables sont encore plus démunis, nous entendons poursuivre et renforcer une indispensable politique sociale.
Parfois, la défense de ces missions d’intérêt général ne se fera pas sans mal : nous subissons tous, une politique gouvernementale qui entend instaurer la compétition, en lieu et place de la solidarité : ainsi, casser le Code du Travail, pour en écrire de nouvelles pages, et dont les chapitres principaux, seront : chantage à l’emploi, précarisation, facilité accrue pour licencier…
Avec la hausse de la CSG, la suppression de l’impôt sur la fortune, les revenus les plus faibles vont perdre 70 Euros, tandis que les plus élevés vont en gagner 1 700 !
Comment peut-on tolérer une telle injustice ?
Ici à La Penne, soyez assurés que nous combattrons, toujours, ce dogme qui entend réduire les élus, à de simples passe-plats, pour déconstruire ce qui a fait la grandeur de notre pays, de son histoire, depuis plus de deux siècles : cette grandeur, elle se résume en trois mots : liberté, égalité, fraternité !
Mais, pour que ces trois mots, ne soient pas vidés de leur sens, ils doivent s’accompagner de lois sociales : pas une seule grande conquête en France ne s’est faite, sans qu’une loi ne l’impose.
La création des congés payés et la semaine de 40 heures en 1936, c’est la loi.
La création des comités d’entreprises et de la sécurité sociale en 1946, c’est la loi.
L’instauration du salaire minimum en 1950, c’est la loi.
La retraite à 60 ans en 1981, c’est encore la loi.
Mais aucune grande avancée de la condition des salariés, n’a résulté dans notre histoire contemporaine, des négociations d’entreprises, contrairement à ce que nous promet le président de la République. 
Alors, ne vous trompez pas, sur ceux, qui vous vendent leurs nouvelles formes d’oppression, pour une liberté, soit-disant, retrouvée.
Il n’existe pas de liberté sans loi, ni sans justice sociale. C’est un principe absolu, que je défendrai de toutes mes forces. J’en prends devant vous, l’engagement, solennel.
Je ne saurais conclure, sans remercier à nouveau les membres de la majorité municipale, pour la confiance dont ils m’honorent.
Je veux dire à mon ami Bernard Negretti, mon premier adjoint désormais, que je sais le soutien précieux qu’il m’apportera, dans les moments de joie, comme d’adversité.
Je remercie également l’ensemble du personnel communal, qui s’emploie avec dévouement, à rendre palpables, réelles, concrètes, nos orientations municipales.
A la tête de notre administration, je me réjouis d’avoir comme collaborateur Dominique Poli, qui a depuis longtemps, aux côtés de Pierre Mingaud, témoigné de son dévouement, fait preuve de ses qualités, de son attachement. Avec Elsa Cayron, notre Directrice générale adjointe, le même attachement à cette municipalité portera l’ensemble de nos politiques.
Ces femmes et ces hommes qui composent notre personnel, je les connais, bien. Dans les cours des écoles, dans les couloirs ouatés de notre crèche, comme dans les rues de la commune, à sécuriser, nettoyer, entretenir, fleurir, par tous les temps ; avec notre jeunesse, nos seniors, nos sportifs, nos acteurs culturels, en Mairie, en cuisine… Chacune, chacun d’entre eux, ont des histoires, des parcours, des origines, des modes de vie différents. Mais toutes et tous, sont pensionnaires de cette maison commune : le service public communal.
J’ai également une pensée vers l’ensemble de notre tissu associatif. Dans tous les domaines qu’ils embrassent, solidarité, culture, environnement, sport… Ils participent, au quotidien, à l’exercice, indispensable et salutaire, de la citoyenneté.
Enfin, je m’adresse à mon époux, mes enfants, mes petits-enfants. Je les remercie par avance, de leur compréhension, leur tolérance, pour le temps qui désormais, me manquera pour me tenir à leurs côtés. Mais ils savent l’importance que revêt pour moi, un tel engagement.
Cette ville m’a accueilli il y a  trente ans, comme elle l’a fait pour Pierre, et tant d’autres parmi nous. Fraîchement arrivée de ma ville natale de Poitiers, j’y ai posé mes valises, et j’y ai construit ma vie.
Et être Pennois, ce n’est pas une histoire de couleur de peau, de nombre de générations à être nées sur les bords de l’Huveaune : c’est une histoire d’amour, de bienveillance, de compassion, et parfois, de résistance. Ici, ce ne sont pas les lois du sang qui nous régissent, mais celles de la République.
Pierre, tu as décrit les habitants de ce village, comme des âmes charitables, autant que des têtes dures”.
Et bien je m’engage à respecter cette identité que tu as su résumer en quelques mots.
Humanité, fraternité, combat si nécessaire : je m’engage à être digne, de cette feuille de route que nous suivrons ensemble.
Vive la Penne sur Huveaune !
2018-02-07T10:31:35+00:00 Par |Non classé|