L’Enquête publique sur le complément de l’étude d’impact réalisé par la société ALTEO GARDANNE, sur l’appréciation des dangers et inconvénients environnementaux et sanitaires cumulés de l’usine d’alumine de Gardanne et des installations de stockage de déchets de résidus minéraux sises au lieu-dit « Mange-Garri » de Bouc-Bel-Air, s’est clôturée vendredi 7 juin 2019.

Vous pouvez lire ci-dessous la contribution de Christine Capdeville.

Par autorisation préfectorale du 16 novembre 2012, les déchets de résidus minéraux produits par la société Altéo Gardanne – la bauxaline – peuvent être déposés sur le site de Mange-Garri, sur la commune de Bouc-Bel-Air, jusqu’en 2021. Un site à propos duquel il est légitime de s’interroger sur son manque d’étanchéité, et par conséquent la santé des populations riveraines.

C’est d’ailleurs en ce sens que le préfet de Région Pierre Dartout a dernièrement sommé Alteo de respecter le programme de travaux que l’État avait fixé en juin 2016 pour son site de stockage de Mange-Garri. Il s’agit notamment de s’assurer que les eaux de pluie qui ruissellent sur les bassins où sont entreposées les boues rouges séchées soient canalisées vers un ou plusieurs bassins de stockage étanches.

Cette protection contre le risque de pollution en cas de fortes pluies devait être opérationnelle en juin 2017, mais Alteo avait justifié son retard par “des aléas climatiques”. Aujourd’hui, le préfet donne à l’usine d’alumine de Gardanne jusqu’au 31 décembre 2020 pour mener à bien ces travaux.
Il est à mon sens vain d’opposer les enjeux de santé publique, de préservation de l’environnement, et les considérations économiques qui concernent un bassin d’emploi de plusieurs centaines de salariés.

Si la question est à ce point complexe, ça n’est pas avant tout, du fait de considérations scientifiques et techniques. Cette complexité s’articule autour d’enjeux politiques. En l’occurrence, faire en sorte que la chose politique commande la chose économique. Le seul moyen afin qu’une production industrielle de pointe, soit garante à la fois de la santé et du bien-être des salariés, comme du respect de l’environnement. Si une entreprise de l’envergure d’Altéo n’a pas consacré les investissements nécessaires pour remplir ces multiples objectifs depuis plusieurs décennies, c’est parce que l’arsenal législatif n’était pas assez conséquent pour le lui imposer de force, tout en garantissant la continuité de l’activité.

Dans notre monde contemporain, il n’existe pas de faits environnementaux : il n’est que des faits sociaux et économiques, conséquences évidentes d’un système de production dirigé par l’idéologie néo-libérale, qui fait fi de la santé publique, de notre patrimoine naturel, et du respect du savoir-faire dont les salariés peuvent se revendiquer. De Tchernobyl à Fukushima, les accidents industriels, et donc écologiques, ne sont que le produit de l’indigence des politiques, et des législations qu’ils mettent en place.

Que l’Etat légifère afin qu’une partie bien plus considérable des bénéfices de ces grandes sociétés, soit dirigée vers l’innovation, la recherche axée autour du traitement de leurs résidus, et non vers les poches des actionnaires.

Car la plus grande catastrophe écologique de notre temps, est bien l’ultra-libéralisme.

Christine Capdeville,
Maire de La Penne sur Huveaune.